Image de couverture
Projection

Le cinéma de Sandra Lahire

Sandra Lahire, Terminals, 1986, 16 mm, 19'47", Courtesy de Sandra Lahire et LUX, Londres.

Un programme inspiré du cinéma de Sandra Lahire
conçu par Lotte Arndt, Maud Jacquin et Émilie Renard

11 - 15 juin 2026

Un partenariat entre Betonsalon et l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, HiCSA

Avec Myriam Bahaffou, Vincent Enjalbert, Victorine Grataloup, Simon Ripoll-Hurier, Kyveli Mavrokordopoulou, Aram Lee, Elena Lespes Muñoz, Katerina Thomadaki, Basyma Saad

Et des films de Karel Doing, Barbara Hammer, P. Staff, Ana Mendieta, Adrian Kahgee / Odeimin Runners Club, Elke Marhöfer avec Mikhail Lylov, Alisi Telengut, Ana Vaz.

« Je brillais, recouverte d’écailles de mica, me déroulais pour me déverser tel un fluide »
Ce titre, extrait du poème Lettre d’amour (1960) de Sylvia Plath, défait la frontière entre corps et matière vivante : le je devient tour à tour animal, minéral et liquide. Cette image transcorporelle résonne profondément avec le cinéma de Sandra Lahire et pourrait tout aussi bien s’appliquer à la pellicule elle-même.
L'œuvre de Lahire nous offre un point de départ pour penser collectivement – avec des artistes et chercheur·euses invité·es, des publics participants et l’équipe du centre d’art – notre exposition commune, et pourtant différenciée, à diverses formes de toxicité. Depuis cet endroit de vulnérabilité partagée, il s'agit de construire des formes de concernement et de solidarité avec les autres, humains et non-humains, au sein d’un environnement qui nous constitue.

Programme

11 juin 2026, de 15h à 21h

« Habiter la dissolution »

Cette expression de Stacy Alaimo nous invite à vivre avec les flux, les matières, les organismes aux effets plus ou moins bénéfiques ou toxiques qui nous traversent. Il s’agit de reconnaître notre porosité radicale à l’environnement, la « transcorporalité » qui nous lie matériellement au monde.

  • 15h00 - 18h00
    Traduction collective guidée par Vincent Enjalbert d’un chapitre du livre de Stacy Alaimo, Exposed, Environmental Politics and Pleasures in Posthuman Times (2016).
  • 19h30 
    Simon Ripoll-Hurier, Galaxie 
    Projection-performance
    Dans les plaines du Santerre, la ligne horizontale séparant le ciel et la terre donne l’impression d’un paysage-membrane. Et si l’air et le sous-sol étaient ici plus habités qu’on ne le pense ?

12 juin 2026, de 14h à 21h

« Pas seule dans cette grande peau vide. »
Cette phrase est extraite du film Arrows de Sandra Lahire. C’est celle d’une jeune femme souffrant d’anorexie qui exprime le besoin d’être habitée par l’autre, dans sa propre chair. Cet appel à ne plus être seule dans son corps, nous invite à examiner en quoi la reconnaissance de nos vulnérabilités peut fonder une éthique de la relation aux autres et à l’environnement.

  • 14h00, Introduction
  • 14h30 
    « Le film comme un chemin pour m’ouvrir, me rendre vulnérable, donner, partager. » Barbara Hammer 
    Introduction par Maud Jacquin à la projection de deux films de Barbara Hammer, A Horse is not a Metaphor, 2008 et Evidentiary Bodies, 2018
  • 15h30
    Vulnérabilités et coalitions
    Arpentage collectif guidé par Émilie Renard
  • 19h00
    « Le sang est un coucher de soleil »
    Le titre de ce programme est emprunté à un poème de Sylvia Plath, The Surgeon at 2 AM (1961), cité dans Edge de Sandra Lahire.

Programme de films :
Barbara Hammer, Sanctus, 1990, 19’
P. Staff, Weed Killer, 2017, 16’
Ana Vaz, Atomic Garden, 2018, 8’
Ana Mendieta, Energy Charge, 1975, 1’
Adrian Kahgee / Odeimin Runners Club, Everything is Right Here, 2021, 6’
Alisi Telengut, The Fourfold, 2020, 7’
Karel Doing, A Patriot of these Woods, 2024-25, 10’
Elke Marhöfer avec Mikhail Lylov, Shape-shifting, 2015, 18’

13 juin 2026, de 14h à 19h30

« Le poumon prolétaire »
Stacy Alaimo emprunte cette image aux biologistes étatsuniens Richard Lewontin et Richard Levins pour témoigner de ce que les oppressions de classe, de race et de genre inscrivent dans les corps. Il s’agira d’examiner les inégalités intersectionnelles d’exposition à la toxicité et d’accès aux soins ainsi que leur invisibilisation.

  • 14h00, Introduction
  • 14h30
    Kyveli Mavrokordopoulou, …that creeps from the earth 
    Conférence
  • 15h30
    Aram Lee et Lotte Arndt, Transcorporeality in Toxic Times
    Conférence-performance (en anglais)
  • 16h30
    Outside Gets inside
    Arpentage collectif guidé par Elena Lespes Muñoz
  • 17h30
    Projection du film de Basyma Saad, Kink Retrograde (2022) suivi d’une discussion entre Basyma Saad et Victorine Grataloup

« Des éponges par leurs baisers emportent mes lichens. »
Ce titre est extrait d'un poème de Sylvia Plath, The Stones, cité dans Edge. Il sera question de pratiques de continuité matérielle comme fondement d’une relation éthique au vivant.  

  • 19h00
    Myriam Bahaffou, Composter l'ego, un acte politique nécessaire ? 
    Conférence

15 juin 2026, de 19h à 21h

Au mk2 Bibliothèque x Centre Pompidou
« Plutonium Blonde »
Projection des quatre films de Sandra Lahire sur les ravages du nucléaire :
Terminals (1986), Plutonium Blonde (1986), Serpent River (1989), Uranium Hex (1987)
avec Maud Jacquin et Katerina Thomadaki