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Journée d'étude

Des « musées à soi ». Patrimoine, institution muséale et appropriations citoyennes (France, XIXe-XXIe siècle)

Légende de l’image : Orhan Pamuk, Musée de l’Innocence, Istanbul.

Responsable scientifique : Bertrand Tillier
HiCSA / Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

9 juin 2026
Galerie Colbert, salle Jullian

A la flexion des XIXe et XXe siècles, le musée est une institution établie et clairement identifiée, grâce à la continuité des politiques publiques qui, depuis la Révolution française, en ont soutenu le développement, de la nation à la « petite patrie ». Dans le même temps, le musée où s’élaborent et se donnent à voir l’art, l’histoire, la science et toutes sortes d’autres savoirs, est confronté à l’ambition et aux limites de la démocratisation sociale. Mais il est d’autres musées auxquels l’historiographie du patrimoine n’a guère accordé d’attention qu’on pourrait appeler les musées à soi, à la suite de ce qu’Alban Bensa et Daniel Fabre ont théorisé sous le concept d’une « histoire à soi », dépaysant et localisant un rapport personnel, quasi intime, au passé et à l’histoire. C’est dans d’autres champs qu’il faut chercher des travaux – ceux des historiens ruralistes, des spécialistes de l’Art Brut, des ethnologues ou des anthropologues de la culture – consacrés à des musées souvent minuscules et infra-locaux, mais dont la multiplication et la diversification dès la fin du XIXe siècle, constituent un phénomène suffisamment signifiant pour qu’on essaie d’en envisager l’histoire. Créées de toutes pièces par des individus marginaux ou excentriques ou encore par des notables locaux qui s’en inventent les conservateurs, entre Alexandre Lenoir et Monsieur Homais, ces institutions qui n’en sont pas tout à fait, miment le musée dans son entièreté – collections, dispositifs de présentation, modalités de visite –, et l’accomplissent dans des formes miniaturisées. Elles en adaptent la création à une économie de moyens souvent modeste, mais à laquelle rien ne manque (cartels, brochures ou catalogues, cartes postales). Souvent mésestimés, ces musées à soi dessinent un imaginaire du fait patrimonial et éclairent les appropriations démocratiques de l’institution.

Programme

9h30 / Accueil

9h45 / Bertrand Tillier, professeur, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne / HiCSA
Introduction : le syndrome Bouvard et Pécuchet

Session 1

10h15 / Baptiste Brun, maître de conférences HDR, Université Rennes 2 / HCA
Des Merveilles de la Nature de Pierre-Marie Moccand à l'art brut et retour. Quelques réflexions sur des dispositifs d'appropriation populaire du musée

10h45 / Marc Décimo, professeur émérite, Université de Paris Ouest Nanterre / HAR 
De ce qu’il reste d’art populaire par les cartes postales anciennes

11h30 / Olga Lemagnen, docteure HiCSA, École normale supérieure - PSL / Bibliothèque nationale de France
Du musée d’histoire au musée de photographe : le cas singulier du musée Godefroy

12h00 / Philippe Artières, directeur de recherche, CNRS / IRIS
Un musée pour cinq fillettes

Session 2

14h30 / Elodie Baillot, maîtresse de conférences, Université Lumière Lyon 2 / LARHRA
Un musée à soi dans un palais aristocratique ? La duchesse d’Albe et le palais de las Dueñas à Séville

15h00 / Thierry Bonnot, chargé de recherche, CNRS / IRIS 
Musées « reflets » en bords de Loire et d’Isère. Quelques impressions de visites et de rencontres patrimoniales

15h45 / Octave Debary, professeur, Université Paris Cité / Centre d’Anthropologie Culturelle / IUF 
Collectionner le quotidien. Pour rien ? A propos de Jaap Kruithof

16h15 / Yaël Kreplak, professeure junior, Chaire « Musées et démocratie », université Paris 1 Panthéon Sorbonne / HiCSA
Histoire(s) d’œuvres et de chantier : documenter les savoirs pendant le décrochage des collections du MNAM (2025)

16h45 / Conclusion